Référentiels de masso-kinésithérapie:
Méthodes inacceptables - Action de la FFMKR
La Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs est indignée par les méthodes de validation utilisées par la Haute autorité de santé (HAS) en matière de référentiels de masso-kinésithérapie, introduits par l’article 42 de la loi de fiancement de la sécurtié sociale 2009.
Comme annoncé (voir ici), l’assemblée des présidents des syndicats départementaux affiliés à la FFMKR s’est prononcée sur les perspectives conventionnelles en général et la mise en place des référentiels en particulier.
Petit rappel :
La FFMKR s’est battue dès qu’elle a eu connaissance de la volonté gouvernementale de mettre en place des « référentiels de bonne pratique » et cela, dès le 18 septembre 2008 (voir ici).
La FFMKR a alerté l’ensemble des partenaires institutionnels (voir ici) et les médias (voir ici).
Enfin, la FFMKR a réussi à faire voter une de ses propositons au Parlement (voir ici).
Systématiquement la Fédération a tenu le même discours et le tient toujours :
« La Fédération n’est pas hostile à la mise en place de référentiels de pratiques professionnelles validés par la Haute Autorité de santé (HAS) car ce sont des éléments permettant une amélioration tant des pratiques professionnelles que de l’efficience du système de soins. Ces référentiels doivent être élaborés sur des bases médico-économiques et en concertation avec l’ensemble de la profession. Enfin, la FFMKR reste opposée à la mise place d’une réglementation aboutissant à un effet « butoir » se traduisant par la mise en place d’un forfait par pathologie et son corollaire l’augmentation du restant à charge pour l’assuré social ».
Aujourd’hui, la FFMKR s’interroge sur la méthode qui vient d’être utilisée par la Haute autorité de santé (HAS). En effet, la HAS aurait validé sans associer la profession trois référentiels relatifs à des soins de masso-kinésithérapie concernant la rééducation dans les suites :
• de la libération du nerf médian au canal carpien,
• de la reconstruction du ligament croisé antérieur du genou,
• des entorses externes récentes cheville-pied.
Le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes (CNOMK) aurait été consulté ainsi qu’une certaine Société française de physiothérapie, mais pas les syndicats représentatifs. Un comble en matière de concertation.
Devant l’urgence de la situation, la FFMKR est intervenue auprès de René Couratier président du Conseil national de l’ordre masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (CNOMK). Après avoir constaté une convergence totale sur ce dossier, un travail en toute complémentarité, DANS LE CADRE DE LEURS MISSIONS RESPECTIVES, sera un atout supplémentaire dans l’intérêt du patient et de la profession.
LA FFMKR a interpellé le Professeur Laurent DEGOS, président de la HAS lui rappelant que la mise en place de ces référentiels devait se faire en complète concertation avec l’ensemble des différentes structures représentatives de la profession comme cela avait déjà été le cas pour la mise en place des critères d’admission des patients en soins de suite de rééducation fonctionnelle ou dans les centres de rééducation fonctionnelle.
La FFMKR s’est également émue que l’AFREK (Association Française pour la Recherche et l’Evaluation en Kinésithérapie), structure asyndicale regroupant l’ensemble des organisations professionnelles de la kinésithérapie n’ait pas été invitée.
Enfin, un troisième courrier a été adressé à Philippe DURAFOURG, président de la Société française de physiothérapie afin qu’il s’exprime sur la position de la SFP vis-à-vis des premières conclusions rendues par la HAS.
Aujourd’hui, ces référentiels risquent de modifier profondément l’exercice libéral de la masso-kinésithérapie et aussi l’équilibre économique des cabinets. Il est donc INDISPENSABLE de réunir l’ensemble des représentants de la profession et la HAS pour arrêter une méthodologie de travail commune et reconnue par tous qui permettra d’arriver à un constat partagé sur les référentiels et en particulier « les seuils ». Enfin il est ESSENTIEL de définir les outils médicalisés qui permettront d’effectuer des actes justifiés dans l’intérêt des patients au dessus des seuils. Pour la FFMKR, il n’y en aura qu’un : la fiche de synthèse de bilan.
Sans accord sur une méthodologie et sans accord sur un constat partagé, les négociations seront biaisées et risquent de tourner court. La rapidité et le contenu de la réponse seront un signe fort des caisses et de la HAS qui permettront de travailler dans un climat de confiance.
La FFMKR fidèle à sa ligne politique souhaite que ce dossier fondamental pour notre profession ne devienne pas un thème de surenchère syndicale et regrette qu’une réponse unitaire coordonnée n’ait pas été possible malgré sa proposition en CSPN jeudi dernier.
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Ces références sont à mes yeux une aberration sur le plan de la pratique professionnelle : tiennent-ils compte de l'âge et du sexe du patient, de son état général, de sa pratique sportive ou non avant l'intervention, des pathologies associées éventuellement ?
Peut-on imaginer, par exemple, appliquer le même référentiel dans les suites de rupture de ligament croisé si le patient est un sportif de haut niveau, entraîné ou s'il s'agit d'un homme d'une soixantaine d'années qui a eu un accident de ski et qui présente des antécédents cardiaques ? On dirait que les responsables de la H.A.S. ont depuis longtemps perdu le contact avec le terrain. Savent-ils encore comment aborder un patient ?
Vouloir tout classifier, tout caser dans des tiroirs statistiques est un recul pour la profession. Nous finirons par devoir appliquer des recettes toutes faites à des pathologies précisément décrites dans ces référentiels. Nous soignerons des pathologies et non plus des patients. Faut-il dès lors se battre pour le L-M-D ? Faut-il un master ou un doctorat pour suivre une recette ? La formation continuée sera-t-elle réduite à l'apprentissage de nouvelles recettes ? Je crains sincèrement pour l'avenir de la profession ...
FB