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L’HONNEUR ET LA GOUTTE D’EAU
Pour obtenir la reconnaissance du titre d’ostéopathe, «le demandeur doit attester sur l’honneur qu’il a suivi une formation de 1 435 heures d’enseignement théorique des sciences fondamentales et de biologie humaine, et de 1 225 heures d’enseignement théorique et pratique de l’ostéopathie comme prévu par le décret et l’arrêté du 25 mars 2007 ».
Cette formule laisse entendre qu’une simple attestation sur l’honneur suffit, ce qui fait référence à la moralité du praticien qui en tant que tel nécessite effectivement des qualités vertueuses indispensables pour mériter la confiance de ses patients et de son entourage.
On peut également penser que ces qualités animent à la fois le législateur ayant rédigé le texte, mais aussi les membres de la commission, chacun devant s’approprier cette formulation.
De plus, cette attestation sur l’honneur doit être complétée par la production d’un diplôme.
Nous devrions là, être au cœur de la reconnaissance du titre d’ostéopathe : la formation. Il est normal que le praticien décline sa formation puisqu’il a déclaré sur l’honneur l’avoir suivie.
La reconnaissance en question est celle l’usage du titre, donc de l’application de la formation, autrement dit la pratique. Or le thérapeute ne peut être reçu par la commission, ou la recevoir dans son cabinet pour expliquer, en situation, son traitement. En l’absence de ces éléments, le témoignage des patients prend toute son importance.
Là, devrait être l’essentiel de l’usage du titre d’ostéopathe : une formation validée par un diplôme, concrétisée par un exercice attesté par des patients, l’ensemble cimenté par l’honneur.
Mais les DRASS et la commission de validation croient qu’à notre époque se référer au sentiment d’honneur est une notion désuète persistant malgré tout dans certains milieux, mais pas ici. C’est désolant et même déshonorant. Car c’est porter la suspicion sur un vécu, une expérience, une pratique, un engagement qui sont à l’origine du mouvement de reconnaissance de l’ostéopathie.
Peut-on minorer une expérience de trente années dans une goutte d’eau et la laisser s’évaporer sans qu’elle ne dépose la moindre trace ? N’est-ce pas abuser de la situation ? Mais, bien loin de nous les mauvaises pensées, car « honni soit qui mal y pense ».
Bernard GAUTIER, Conseiller Fédéral
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