LONDRES, 20 août 2008 (APM) - La technique de massage Alexander semble soulager de manière durable la douleur lombaire chronique, selon une étude britannique à paraître dans le British Medical Journal (BMJ).
La lombalgie est l'une des causes les plus fréquentes de handicap dans les pays industrialisés. Les thérapies actuelles ont souvent un bénéfice à court terme sur les douleurs lombaires aiguës mais l'effet à long terme est mal documenté, rappellent le Pr Paul Little de l'université de Southampton et ses collègues.
Ils se sont intéressés en particulier à la technique de massage dite d'Alexander, différente des techniques classiques de physiothérapie. Il s'agit d'une approche dynamique, personnalisée qui vise à aider les patients à reconnaître, comprendre et éviter leurs mauvaises habitudes, que ce soit en position stationnaire ou lors de mouvements qui affectent le tonus postural et la coordination neuromusculaire.
Les chercheurs ont recruté dans 64 cabinets de médecine générale 597 patients souffrant de lombalgie chronique ou récurrente puis les ont randomisés en quatre groupes: soins médicaux classiques, six séances de massage, six séances de technique d'Alexander, 24 séances de technique d'Alexander; dans chaque groupe, les patients étaient randomisés entre l'association ou non d'exercices physiques.
Les résultats indiquent qu'à trois mois, le score de handicap de Roland (mesuré en nombre d'activités perturbées par la douleur) et le nombre de jours sans lombalgie au cours du dernier mois ont peu changé depuis l'inclusion chez les patients ayant reçu les soins médicaux classiques.
Il apparaît que le massage et la technique d'Alexander sont efficaces à trois mois, réduisant de manière significative le score de handicap et le nombre de jours sans lombalgie.
Et à un an de suivi, si le massage perd de son effet, celui de la technique d'Alexander persiste.
Avec six séances, la technique d'Alexander a permis de réduire à un an de 17% le score de handicap de Roland Morris et de 48% le nombre de jours sans lombalgie, par rapport aux contrôles. Avec 24 séances, la baisse est de respectivement 42% et 86%.
L'ajout d'exercices physiques semble pouvoir potentialiser l'effet de la technique d'Alexander à long terme: le bénéfice obtenu avec les six séances suivies des exercices était presque équivalent à celui des 24 séances sans exercice.
L'amplitude de l'effet associé aux 24 séances de la technique d'Alexander observé dans cette étude est susceptible d'avoir un impact important: 3 points à un an de suivi sur l'échelle de Roland signifie que le patient peut avoir trois activités supplémentaires sans avoir mal au dos, concluent les chercheurs.
(BMJ, édition en ligne du 20 août, 8 pages)