Lettre n° 13 - Novembre 2009
 
 
 
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AIGRE DOUX

Au bord de la MAINE qui coule à ANGERS, l’ancienne léproserie abrite les 12 tapisseries du « CHANT du MONDE » de Jean LURCAT. C’est un mélange de drames et de joies, d’évocation de destruction et de reconstruction de l’individu et du monde. Dans ces immenses tentures chargées de couleurs, de formes variées, les symboles se multiplient, car drames et joies sont souvent complexes.

 

Lorsque l’Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie (UNCAM) informa la Commission Socio Professionnelle Régionale d’Ile de France (CSPR) des 5 premiers référentiels avant d’en avertir la Commission Socio Professionnelle Nationale (CSPN), la preuve d’absence de concertation avec la profession était établie. Le blocage se confirmant, il n’en fallait pas davantage pour que les syndicats signataires, FFMKR et UNION, quittent la table des négociations d’un  commun élan.

 

Les référentiels élaborés à partir d’enquête réalisée dans quelques départements du pourtour méditerranéen avait pour but de réduire l’activité des MK, donc les dépenses de santé. La mesure ne s’appliquait pas uniquement sur la région, mais sur l’ensemble du pays sans tenir compte du respect de l’ONDAM, pourtant maintenu à moins de 3%.

 

Nous restions sans voix devant l’absence de prise en charge de séances de rééducation du canal carpien ou des dix séances pour une entorse de cheville post traumatique. Notre exercice allait-il devenir squelettique ? Nos patients allaient-ils devoir chercher les principes de rééducation sur Internet, boustant ainsi la télémédecine annoncée comme le progrès futuriste ?

 

Pouvons-nous résister à la déstructuration de notre activité ? Le BDK se vidait de sa substance puisque nous n’avions plus à terme de possibilité de fixer le nombre de séances. Même le prescripteur perdait de sa superbe, l’UNCAM l’obligeait à respecter sa règle. Si dix séances sont décidées, c’est dix séances qu’il faut indiquer.

Mais, on ne peut rester déstructuré trop longtemps. L’homme a un pouvoir de reconstruction qui le sort du mal être. Viscéralement, il recherche avant tout, le bien-être.

 

La douceur angevine est propice à cette transformation. Et c’est ainsi que proposition fût faite. Nous ne pouvons échapper aux référentiels, ils sont inscrits dans la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) et dans la loi Hôpital Patient Santé Territoire (HPST). Mais désormais, la profession y sera associée. Et un collège de MK est créé au sein de la Haute Autorité de Santé (HAS).

 

Mais surtout, la logique revient comme une douceur sous les aigreurs. Si les référentiels amputent le nombre de séances, privant ainsi les patients de soins salvateurs, la suite du traitement, au delà du référentiel repose sur la prescription comme toujours, mais cette fois, en allant plus loin dans la démarche, car la prescription ne se conçoit que non quantitative. Et là, le non quantitatif s’installe avec en plus l’aide des directions nationales des syndicats de médecins. C’est enfin la régulation médicalisée.

 

Un référentiel destructeur muté en prescription non quantitative, le monde de la MK peut chanter.

Au cas où nous ne pourrions user du non quantitatif pour l’après référentiel, le ton monterait, laissant la douceur angevine et l’œuvre de LURCAT à quelques centaines de kilomètres de la capitale, pour déchirer l’air dans un aigre « NON » au refrain de l’UNCAM.

Bernard  GAUTIER , Conseiller Fédéral de Région
 



 

 

 








 


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