Lettre n° 2 - Janvier 2008
 
 
 
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Exercice libéral

Notre exercice professionnel traditionnel est essentiellement libéral, organisé par une convention garantissant l’accès aux soins au plus grand nombre (ordonnances de 1946).
Les patients nous arrivent, munis d’une prescription médicale, mais les flux de prescriptions ont subi durant les trois dernières décennies des variations trop souvent à la baisse, induites par la pression de la CNAMTS sur les médecins généralistes, selon le cours du « déficit sécu ».
Nous avons pu, grâce au combat syndical, déjouer quelques pièges de maîtrise purement comptable et d’odieux quotas d’actes, mais les avatars financiers de la Sécu se pérennisent et nos prédateurs continuent de chercher remèdes et solutions.
Après la responsabilisation des patients engagés depuis la dernière LFSS d’octobre 2007, à quelle sauce vont-ils manger les professionnels de santé ? Ne nous y trompons pas, d’abord les paramédicaux dont le mauvais nuage lâché sur nos têtes par un Directeur de la CNAMTS dans les années 90, ne s’est jamais dissipé : « 70 % des actes des masseurs-kinésithérapeutes sont des actes de confort ! ».
Je vous rappelle son nom ? Inutile, bien sûr.
Notre exercice professionnel va donc évoluer, par force, par nécessité car les prises en charge conventionnelles vont réduire comme peau de chagrin et avec elles, les revenus des masseurs-kinésithérapeutes.
Pour les proches de la retraite : ennuyeux ! Mais on peut espérer qu’ils ont pris leurs dispositions.
Pour la tranche 40-60 ans : catastrophique, car comment assurer les charges en cours ?
Pour les jeunes : grave ! ! ! Quel métier demain ? Quel avenir après avoir misé sur des études déjà onéreuses ?
Et maintenant, le problème démographique ?
Les politiques ne peuvent souffrir aucune mauvaise presse en matière de santé publique (affaire canicule 2003 oblige !).
Il faut une offre de soins équitable sur le territoire français. Comme l’aménagement de ce territoire a toujours été la dernière roue de la charrette de tous les gouvernements, la répartition des professionnels de santé y est inégale, toujours liée à des pôles actifs ou à des régions agréables.
Alors, on nous dresse des bilans de démographie professionnelle alarmistes, on méprise les mesures incitatives que la FFMKR a proposées, mais plus cynique encore, on parle et engage des transferts de compétences. Peut-être verrons-nous sous peu des ergothérapeutes (ou autres) assurer des soins de kinésithérapie là où manqueront ces MK ?
Alors, dans un temps court, très court, en diminuant les prises en charge de nos actes, les patients les moins fortunés seront contraints de déserter nos cabinets et de déficit démographique, nous passerons à une pléthore de masseurs-kinésithérapeutes infortunés.
Ne voyez pas là la volonté de noircir le tableau. Il est encore trop optimiste, car si on y ajoute du conventionnement à la carte ou au pire, après évaluation, l’exercice libéral aura vécu.
Cependant, et c’est mon message d’espoir, nous pouvons préparer ensemble la grande mutation de notre exercice professionnel, nous devons penser différemment notre métier, l’approche philosophique de notre métier.
Nos compétences ont évolué par notre volonté à nous former, à être précurseurs de techniques innovantes et à nous approprier les avancées des sciences médicales en rapport avec la kinésithérapie.
Nous avons les capacités à développer dans les cabinets des actes de prévention, d’éducation à la santé, de remise en forme, d’esthétique, d’école du dos et de diverses gymnastiques médicales, tous actes dont sont dans l’attente, nos patientèles ou, plus encore, des clientèle si nous sommes prêts à les séduire.
Et pour résoudre notre déficit démographique ponctuel, pourquoi ne pas salarier dans nos cabinets des titulaires de STAPS, pour la partie exercice physique de nos actes, des esthéticiennes pour les modelages corporels ? Nous gagnerons ainsi un temps précieux pour l’acte thérapeutique et nous deviendrons ainsi de véritables entreprises libérales, reconnues et respectées.
Les formations aux techniques de marketing et communication sont une aide précieuse dans cette démarche et sont déjà proposées par l'INK pour 2008.
Oui, Chères Consoeurs, Chers Confrères, c’est l’enjeu d’aujourd’hui car demain sera difficile avec la seule convention comme compagne de route.

Françoise ESCARMENT,
Conseiller fédéral, chargée de l’Exercice




AGAKAM

Rappel : vous avez jusqu'au 31 janvier 2008 pour adhérer à une AGA afin de bénéficier des avantages fiscaux pour 2007

 

 


 


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