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LE FAISEUR DE LOI
Le faiseur de loi place la barre de l’existence du Conseil Départemental de l’Ordre des Masseurs kinésithérapeutes (CDO) à 100.000 professionnels (elles). Le Président du Conseil National de l’Ordre (CNO) ne nous dit pas encore si nous sommes éloignés de ce chiffre.
Aussi, nous partons de l’hypothèse qu’il faudra quelques temps pour que la population masso kinésithérapique atteigne ce seuil.
Supprimer l’échelon départemental, alors qu’il est à l’origine de l’essentiel du travail fourni dans la battisse ordinale revient à congédier, sans préavis, les ouvriers qui ont non seulement creusé les fondations, mais également monté l’édifice pour que d’autres puissent l’habiter.
Car enfin, par qui les conseillers nationaux ont-ils été élus ? Sinon, par les conseillers départementaux. Par qui les conseillers régionaux ont-ils été élus ? Sinon, par les conseillers départementaux. Si l’on fait disparaître l’échelon départemental, il faut annuler les décisions prises par les élus départementaux. Il faut annuler les élections nationales et régionales.
Qui a recueilli les avis des confrères et consoeurs pour mettre en page notre code moral professionnel ? Qui a rassemblé une première fois puis une deuxième fois l’ensemble des données ? Sinon, les conseillers départementaux ?
Qui a commencé à régler les litiges entre confrères afin de mieux faire cohabiter les uns et les autres dans le respect de règles communes volontairement acceptées.
La régionalisation n’est pas une idée récente. Si le faiseur de loi avait établi un projet cohérent et réfléchi il aurait écarté dès le départ l’échelon départemental, pour privilégier l’échelon régional. Il n’en a rien été.
D’ailleurs, si un échelon devait disparaître, ce n’est sûrement pas l’échelon départemental. Il est la base de l’édifice, le contact de proximité qui permet de rendre compte du bien fondé de nos actions.
Si le faiseur de loi avait le souci égalitaire comme sa fonction le nécessite, plutôt que d’écrire et de faire voter à la va vite cet alinéa délétère à l’article L 4321-14 de la réforme de l’hôpital, qui va modifier le code de la santé publique, il se serait intéressé à la possibilité de déduction de la cotisation ordinale des salariés, afin que ces derniers bénéficient du même traitement que les libéraux. Et plus encore, il se serait démené pour que les années de formation initiale soit au moins reconnues à BAC +3 et plus tard à BAC + 4 et davantage, plutôt que de bloquer leur reconnaissance à seulement BAC +2 dans la fonction publique.
Nous, Masseurs kinésithérapeutes, sommes au service de l’individu et de la santé publique. Nous exerçons notre mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité, comme nous le rappelle l’article R.4321-53 du code de déontologie. Et, nous n’avons pas à subir les variations d’humeur des faiseurs et défaiseurs de loi.
Mais, peut être, apprendrons nous, dans quelques temps, que la population masso kinésithérapique compte plus de 100.000 têtes !!!!
Mais au fait, pourquoi ne pas mettre la barre à 65.000, à 50.000 ou à 32.000 ? Ce dernier chiffre est calculé sur notre appareil masticateur de 32 dents auxquelles on pourrait adjoindre 1000 têtes par unité, soit 32 x 1000 = 32.000. Ce chiffre en vaut bien un autre. Il aurait le mérite de faire appel aux souvenirs professionnels de notre faiseur de loi.
Bernard GAUTIER, Conseiller Fédéral
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