Dans la dernière lettre de l’adhérent je vous parlais de certaines mauvaises semaines, plus difficiles que d’autres.
Malheureusement, les dernières que nous venons de passer sont à l’identique des précédentes : toujours pas de signes encourageants, notamment à la lecture des amendements apportés par les députés au projet de loi HPST.
Il semblerait que le législateur soit victime du syndrome météorologique qui nous touche cette année : un hiver long et rigoureux, à la seule différence qu’avec la météo, même si le printemps met du temps à arriver, on est à peu près certain que les beaux jours sont devant nous.
Non contents de voir un projet de loi HPST anti-libéral, nos chers députés en ont rajouté une couche, on peut même dire une sacrée couche.
Un premier souci semble les obnubiler : la répartition des médecins sur le territoire. (il faut immédiatement vous mettre à l’esprit que chaque fois qu’il est écrit « médecins », vous devez penser « masseurs-kinésithérapeutes » ; c’est juste une question de timing, ou, pour rester français, de décalage dans le temps, le décalage restant encore plus important s’il s’agit de revalorisation tarifaire !)
Répartition des médecins sur le territoire donc : une solution miracle : si vous, professionnel de santé installé depuis plusieurs années, bénéficiant donc d’une situation privilégiée qui vous a permis d’acquérir un niveau de vie sans égal (vous avez dit 60 heures par semaine ?) si vous donc, refusez d’aller aider votre confrère qui est dans une zone sous-dotée ou si vous refusez d’aller travailler une demi-journée (ou peut-être plus) dans une maison pluridisciplinaire vous paierez une taxe.
Oui, oui, vous avez bien lu : une taxe mais je vous rassure tout de suite, cette taxe sera plafonnée à une fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. Tout citoyen devant être égal devant la loi, ce sont donc tous les artisans et commerçants qui, lorsqu’ils quittent nos campagnes vont s’acquitter d’une taxe mais surtout c’est l’état qui, chaque fois qu’il ferme une école, la poste, la perception ou un tribunal va renflouer ses propres caisses.
Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, un deuxième amendement très intéressant a été voté par l’Assemblée Nationale concernant la continuité des soins : Amendement 1894 présenté par M.DOMERGUE (Député UMP de l'Hérault) et adopté :
« Quelles que soient les circonstances, la continuité des soins aux malades doit être assurée. Lorsque le médecin se dégage de sa mission de soins pour des raisons professionnelles ou personnelles, il doit indiquer à ses patients le confrère auquel ils pourront s’adresser en son absence. Le médecin doit également informer le Conseil Départemental de l’Ordre de ses absences programmées dans les conditions et selon les modalités définies par décret.
Le Conseil Départemental de l’Ordre veille au respect de l’obligation de continuité des soins.
Le (futur) Directeur de l’Agence Régionale de Santé s’assure, en collaboration avec le Conseil Départemental de l’Ordre, que les organisations prévues permettent de répondre aux besoins de la population. »
Vous avez bien fait de profiter de vos dernières vacances, il n’est pas sur que le Directeur de l’ARS avec le CO vous autorise à partir cet été. Cela dépendra de vos petits camarades qui accepteront de prendre en charge vos patients (qui devront accepter d’aller chez un confrère que vous aurez choisi ?; je sens bien que je me pose trop de questions) sinon…. Je suis à peu près certain que vous n’avez jamais vraiment profité de votre ville ou village en été.
Même avec leurs propres salariés ils n’avaient jamais osé le faire. Mais avec les libéraux cela ne leur pose aucun problème.
Je garde sous le coude d’autres amendements pour les prochaines lettres de l’adhérent, il ne faudrait pas que le taux de suicide augmente trop vite dans nos rangs.
Il ne vous reste plus qu’à tendre la joue gauche lorsque vous irez remercier vos élus. Bon courage. !