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Du feeling au concept
S’il est bien un domaine où la pratique réclame beaucoup de théories, c’est bien celui de la kinésithérapie. Observer, réfléchir, choisir et mettre en action, sont les étapes coutumières d’une thérapeutique éclairée, ouverte, inventée.
Un choc de titan. La rencontre du feeling du praticien de terrain et de l’orthodoxie universitaire. Le premier reprochant au second d’avoir un discours abscons et le second reprochant au premier sa conquête instinctive. Le spontané à la recherche de la preuve. S’il est bien une certitude que nous apprend l’expérience, c’est que le malade décrit dans les livres n’existe pas. La maladie, peut-être, mais le malade surement pas. L’apprentissage des savoirs est fondamental, et leurs restitutions est une garantie, mais la kinésithérapie se borne-t-elle à l’exécution de ce niveau ? L’engagement kinésithérapique est plus que cela. Il nécessite, certes de conquérir, mais surtout d’en extraire des synthèses pour créer des spécificités kinésithérapiques, et ainsi conceptualiser de nouveaux savoirs. La licence, c’est la restitution des savoirs, et le master c’est leurs conceptualisations. La kinésithérapie est bien la fille naturelle du feeling et du concept, elle aspire aujourd’hui à une légitimation historique, en convolant en justes noces avec le master.
A. F.
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