Chaque fois que je passe devant un établissement public, je me plais à contempler et à lire cette devise fondamentale pour notre république :

Pourtant chaque fois que je lis cette devise, je me pose la même question : liberté, égalité, fraternité pour qui ?
Et par les temps qui courent je pense par exemple au projet de réforme de la taxe professionnelle voulu par les princes qui nous gouvernent, et qui comme chacun sait, sont toujours extrêmement vigilants à faire régner l’égalité parmi tous les citoyens en général et, pour ce qui nous préoccupe ici, parmi toutes les catégories socioprofessionnelles en particulier.
Et là voyez-vous, j’en arrive à la conclusion suivante : ne sont pas égaux qui veulent !
Car peut-être savez-vous déjà que ce projet de réforme prévoit que les entreprises (relevant des bénéfices industriels et commerciaux, BIC) qui emploient plus de cinq salariés, vont voir le montant de leur taxe professionnelle revue très substantiellement à la baisse, de même que les entreprises indépendantes (relevant des bénéfices non commerciaux, BNC) réalisant un chiffre d’affaire supérieur à
5OO 000 €.
L’égalité, si chère à notre république donc à ceux qui la font et la dirigent, si l’on en croit les propos qu’ils nous tiennent à tout bout de champ, l’égalité disais-je voudrait que l’ensemble des entreprises et à fortiori les nôtres, soient intégrées dans cette réforme : que nenni !
Nous avons purement et simplement été écartés, oubliés, rayés des avantages que ce projet de réforme aurait pu nous apporter.
Comme d’habitude serions-nous tentés de dire !
C’est vrai que nous autres, ‘’petites mains de la médecine libérale’’, artisans de l’appareil locomoteur, travailleurs acharnés du muscle et de l’articulation, nous sommes si peu nombreux, si peu entrepreneurs et employeurs, si peu représentés syndicalement et, quelle honte, ordonnateurs de dépenses, qu’à bien y regarder :<<leurs bulletins de vote sont assez peu nombreux, donc pas de danger, économies, économies, pas besoin de s’inquiéter de ces ‘’coquins là’’, la réforme, pas pour eux se sont-ils dit.>>
Et voilà le travail : << camarades kinés, à vos taxes, continuez à soigner braves missionnaires, continuez à vous dévouer tout auréolés de votre couronne dorée de soignant, travaillez encore plus, vous gagnerez encore moins, avec tous les bons vœux du ministère et le bon souvenir du château !>>
<< Allez fiez-vous à ce panache auquel vous tenez tant : le privilège de soigner ! Vous êtes comme ces preux chevaliers de la table ronde qui pour quelques écus et beaucoup d’oriflammes, étaient prêts à défier et trucider tous ceux qui ne respectaient pas ou n’obéissaient pas aux désirs du Roi !
Mais comme c’est beau tant d’abnégation ! Comme c’est beau !!>>
Liberté lisions-nous c’est bien cela ?
Oui-oui, c’est bien cela, mais pour nous, il faut entendre liberté de faire 60 heures par semaine (et plus si affinités), liberté de se former à nos frais et sur notre temps libre (pour ceux qui en ont encore), liberté de s’équiper à grands frais, liberté de vieillir (pas toujours très frais) fidèle au poste, mais toujours au service des autres, toujours là pour servir les autres, dans la joie et la bonne humeur (à condition de coûter de moins en moins cher).
Mais une question me vient alors subrepticement à l’esprit : nous, qui est-là pour reconnaître le service rendu ?
Qui est-là pour rémunérer à sa juste valeur ce service rendu?
Qui est-là pour faire respecter et faire appliquer ce principe si important fièrement gravé dans le marbre de l’article premier de la constitution des droits de l’homme :
<< Tous les Hommes naissent libres et égaux en droits. >>
Apparemment, pour ce qui nous concerne : personne.
Alors, cela signifierait-il en fait que nos petites entreprises n’ont pas les mêmes droits que les autres, que nous autres, petits exploitants individuels classés depuis peu dans la catégorie des Très Petites Entreprises (TPE), n’avons pas les mêmes droits que les autres, mais alors : pourquoi nous impose-t-on d’avoir seulement les mêmes devoirs que les autres à des taux beaucoup plus élevés (tant qu’à faire)?
Camarades kinés, à vos taxes, à vos pommades, à vos tables, bossez, et cessez de vous poser ces questions qui ne peuvent que vous faire du mal, bossez car la république vous oublie, la république ne vous aime pas.
Tous ces beaux messieurs regardent tellement haut que nous autres sommes bien petits pour que leur regard daigne se poser sur nous.
Tous ces beaux messieurs savent bien que nous sommes si fiers de notre auréole de soignant que la rébellion n’est pas prête de gagner nos rangs.
Tous ces beaux messieurs savent si bien qu’aucune taxe ni aucun impôt ne parviendra à faire gronder le vent de la révolte.
A moins que …………………………miracle oblige, un de ces beaux messieurs attachés aux anciennes valeurs ne rétablisse l’EGALITE dite fiscale !
Non, je rigole !!!!!!!!!!!!!!!!!!