Lettre n° 12 - Septembre 2009
 
 
 
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« Titanesque » ou « Titaniceste »

Un organisme professionnel compétent, au fonctionnement démocratique, est fatalement l'objet de critiques venues de l'extérieur, voire même de l'intérieur. C'est souhaitable et positif quand la dite critique est énoncée dans un but constructif, autorisant des réflexions pour apporter une pierre à l'édifice. Elle est d'autant plus positive quand elle émane d'adhérents, ou d'élus départementaux ou régionaux issus de ses rangs, soucieux de participer à la vie de leur syndicat. Elle est l'expression naturelle et banale d'un syndicat démocratique.

Parfois la critique devient agressive, quittant le domaine constructif pour le dénigrement systématique. Elle est rarement issue de l'intérieur, c'est le propre des calomnies venues d'ailleurs, exprimées sous le couvert de l'anonymat, pernicieuses par l'usage des moyens modernes, sur des blogs partisans, où les arguments, en plus d'être fallacieux, sont insultants. Ils sont insultants parce qu'ils mettent en cause l'intégrité même du syndicat au travers de ses dirigeants, disponibles à tout instant au service de leurs convictions et de celles de leurs adhérents, corvéables à merci sitôt qu'une réunion est convoquée par un Ministre ou une Caisse d'Assurance Maladie. Un conflit est une source de dialogue ; la médisance et la perfidie, par contre, poussent à la défensive sans possibilité d'échanges face à face, sinon par anonymat internet interposé. Inutile de dialoguer avec des contestataires dissimulés derrière leur paravent informatique.

Calomnier, c'est méconnaître ce travail, cet immense travail, préparé en amont par des équipes de responsables syndicaux, avec l'aide de personnel qualifié, avec l'impondérable nécessité d'un investissement matériel et immobilier, toute une infrastructure indispensable, et des moyens financiers. Autres temps, autres moeurs : autre chose qu'un bricolage au fond de la cour, comme nous le pratiquions il y a longtemps, au détriment de la qualité et de l'ambition de progresser.

Calomnier c'est revenir à cet âge de pierre, à lancer des flèches dans toutes les directions, sans souci de déterminer la cible, cette cible de technocrates administratifs déterminée à nuire à la profession. C'est en leur direction qu'il faut bander les arcs, au lieu de semer une zizanie délibérée dans les rangs des professionnels, en prétendant inculquer des leçons de politique, de méthodologie, et de stratégie.

Calomnier en se gargarisant des encouragements suscités auprès d'internautes masqués n'est pas une fin en soi, c'est réaliser une cabale gratuite et inefficace, productrice de désinformation et de découragement chez les professionnels indécis ou ignorants des vicissitudes à venir pour leur métier.

Il est facile de dissimuler à soi-même la réalité quotidienne d'un exercice professionnel toujours plus compliqué, reconnu pour ses difficultés de représentativité, pour son défaut de considération de la part de ses partenaires sociaux, ministériels, parfois aussi de ses « cousins professionnels ». La lutte en quête de cette représentativité tant espérée, voulue et indispensable au respect de notre exercice n'autorise pas au ricanement systématique de la part de personnes qui ne s'impliquent que dans la dérision, la colère, la négation des réalités du terrain. Pour négocier avec les Pouvoirs Publics, il faut savoir anticiper l'avenir, bâtir des projets, s'entourer de conseillers juridiques, consulter la base départementale, préparer des dossiers techniques, rencontrer des décideurs, des parlementaires, ... autant d'étapes inévitables, autant de réunions immanquables, autant de déplacements lointains, onéreux et parfois imprévus. Autant de problèmes à résoudre avant d'envisager le moindre accord.

Avoir des revendications : facile ! Exiger un résultat : facile ! Négocier avec les partenaires sociaux à tous les échelons : dur, dur ! Il est plus aisé de rester dans la diatribe gratuite, dans la contestation verbale, ... et de ne pas sortir de son cabinet pour défendre la cause des consoeurs et confrères, en même temps que la nôtre.


C'est toute la différence entre le travail collectif « Titanesque » d'une confédération syndicale et l'agitation individualiste « Titaniceste » qui consiste à contribuer à couler le bateau avec les consoeurs et confrères dedans. Là, quand le bateau coule, on est certain que tout le monde profite du bain ! N'est-il pas préférable de contribuer aux manoeuvres de sauvetage en bonne intelligence ? Seules l'entente, l'entraide et la solidarité sans faille du commandant jusqu'au moindre moussaillon peuvent sauver le navire et aider les passagers. Certains, pourtant pas toujours d'accord avec nous, l'ont compris. Pourquoi pas tous ? L'envie de se mettre en évidence ? Cocoricôôôô ! Ou le cri du coq sur son tas de fumier.

Jean-Yves TRAMOY - Conseiller fédéral de région Bretagne










 


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