Lettre n° 4 - Mai 2008
 
 
 
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"Avant, je ne pouvais pas me tenir debout"

Article paru sur le site de Ouest France le 4 avril 2008

Le handicap d'Ulysse (de dos) n'a pas disparu, mais les progrès réalisés sous la direction d'Agi, une « conductrice » hongroise qui vient fréquemment en France, lui permettent d'avoir plus d'autonomie dans sa vie quotidienne.


L'association française pour l'éducation conductive fêtera demain ses dix ans. Cette méthode encourage l'autonomie de l'enfant handicapé moteur. Elle se développe dans l'Ouest.

« Avant, je ne tenais ni assis ni debout. Maintenant, je peux aller de ma chambre à la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner. » Quand il dit qu'il se rend à la cuisine, Ulysse, 7 ans, atteint d'infirmité motrice cérébrale, veut signifier qu'il s'y rend... debout ! En s'aidant de rampes placées sur les murs, bien sûr, mais c'est déjà une belle avancée vers plus d'autonomie. « Pourtant il n'y a rien de miraculeux à ça, tempère sa mère, Florence Levasseur. C'est le résultat d'un travail au quotidien. »

Un travail effectué selon les principes de l'éducation conductive, mise au point par le professeur hongrois Andràs Petö (1). « Cette méthode consiste à mobiliser dans le cerveau des capacités susceptibles de redonner au corps tout ou partie de ses fonctions », explique Christine Durieux, qui a été à l'origine de l'Association française pour l'éducation conductive (Afpec), née en Mayenne il y a dix ans. Curieuse, elle-même mère d'un enfant handicapé moteur, elle s'était rendue en Hongrie pour voir comment cela marchait. C'était en 1996. Deux ans et quelques séjours sur les bords du Danube plus tard naissait l'Afpec, association reconnue d'intérêt général.

Améliorer la vie quotidienne

« Depuis nous avons été rejoints par une vingtaine de familles, surtout du Grand Ouest, détaille Christine Durieux. Et nous organisons des sessions de trois ou quatre semaines à Laval, Saint-Malo et Caen. »

Ces sessions sont encadrées par des « conductrices » venues de Hongrie, qui ont une formation pluridisciplinaire. « Ça évite de morceler les activités des enfants, indique Christelle Cormier, dont la fille, Mylène, 11 ans, suit aussi les sessions. On ne fait pas une séance de kinésithérapie, puis une autre d'ergothérapie... C'est plus un système d'éducation qui permet une amélioration de la vie quotidienne. »

Les enfants y participent en groupe, ce qui a son importance, et ils sont contents de se rendre à ces sessions. « J'aime bien y aller », confirme Mylène, que ses parents laissent libre de choisir la durée de sa session.

Malgré ses bons résultats, l'éducation conductive n'est pas toujours très appréciée, en France. « C'est parfois mal perçu, reconnaît Christine Durieux. Des médecins voient les progrès réalisés mais ne veulent pas s'intéresser à la méthode. Mais d'autres nous soutiennent. L'association existe depuis dix ans, nous voulons montrer qu'elle existe. »

Daniel LE GALL.

(1) La méthode d'Andràs Petö (1893-1967), neuropsychiatre hongrois, s'est développée dans plusieurs pays, mais assez peu en France.

Le 10e anniversaire de l'association sera fêté sous forme de journée informative, samedi à Laval. Au programme, présentation de l'éducation conductive, point de vue médical, témoignages d'enfants et de parents... Au foyer de la Meslerie, 19, rue Émile-Sinoir, de 9 h 15 à 16 h. Contacts : Afpec, 1 bis, rue de la Roinée, 53 210 Soulgé-sur-Ouette. Tél./fax : 02 43 98 75 41. E-mail : assoafpec@yahoo.fr.





 


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