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Masseur-kinésithérapeute diplômé ou ...
Les référentiels de métier, actuellement étudiés par les commissions interministérielles en concertation avec les professions de santé, font apparaître des choses inattendues et surprenantes, mais désagréables, pour les MK que nous sommes. Déjà, au départ, il semblerait que les responsables des commissions, représentants de l'Administration, souvent cadres de santé infirmiers, méconnaissent volontairement notre métier, voire plus, oublient leur origine paramédicale consanguine de la nôtre. Le titre inscrit sur le dossier technique renfermant les caractéristiques de notre métier:
« Aide Soignant », tout un programme! On sent déjà les limites du cadre dans lequel on a la volonté de nous enfermer: « technicien de santé ». C'est dire que nous serons aux ordres d'un chef-médecin, lequel nous dira quel travail effectuer, quelle méthode employer, quel résultat attendre, tandis que notre « mère sécu » nous imposera un lieu et un temps de travail et un tarif d'autorité. Ca c'est un vrai boulot de technicien, dirigé de main de « maître » par le médecin ingénieur en santé, et contrôlé par un chef SS. Il est vrai que nos honoraires actuels correspondent au tarif d'une « femme de ménage », mais on n'emploie plus ce qualificatif péjoratif, on utilise la locution enjolivée: « technicienne de surface ».
- « Technicien » on sait ce que ça signifie, c'est l'employé qui applique scrupuleusement les consignes données par le chef omnipotent, omniconnaisseur, omnidirigiste. Ca me rappelle mes débuts de MK dans les années 70, où un médecin « spécialiste » rédigeait ses ordonnances de rééducation sur deux pages pour toute pathologie, y compris bénigne, au cas où le MK, incompétent, n'aurait pas su quelle technique appliquer, de quelle façon, pendant combien de temps, ... Il poussait le « service » à indiquer son téléphone au cas où le MK serait dans la peine et ne comprendrait pas toute la démarche demandée.
- « De surface », nous n'en manquons pas puisque nous travaillons en 3D, ne négligeant aucun dénivellé, aucune courbe, aucun relief, nous précipitant dans les moindres creux, allant au plus profond, le tout sur une table de moins de deux mètres carré.
Mais « technicien de surface », autrement dit l'assemblage des deux mots, alors là c'est trop, nous n'aimons pas être rabaissés à ce niveau de compétences basiques au bout de trois ans d'études paramédicales, des stages nombreux, d'une formation continue, de l'apprentissage de techniques nouvelles, ... Ce n'est pas ainsi que nous concevons le partage des tâches, le transfert de compétences, l'interprofessionnalité prônée, voulue et imposée par nos Ministères de tutelle et nos partenaires sociaux, sans véritable acceptation d'échange. « Technicien de surface », c'est notre avenir à court terme, si nos consoeurs et nos confrères, libéraux autant que salariés (ne les oublions pas puisqu'ils ont le même diplôme que nous et subissent la voie hiérarchique), ne prennent pas conscience du danger qui les menace, ne luttent pas contre ce projet d'enfermement. Des discussions tripartites Ministère-CNAM-Syndicat sont en cours, discussions revendicatives, argumentées, dans lesquelles la FFMKR est très impliquée. Mais est-ce la mission de la seule FFMKR nationale? N'est-ce pas de la responsabilité de l'ensemble des adhérents départementaux, de tous les professionnels de prendre conscience de ce danger pour les années (très proches) à venir, de se manifester activement (au lieu d'attendre passivement), de soutenir ses représentants volontaires?

Alors, force est de constater que certains tempêtent contre le Conseil de l'Ordre, créé pour assurer l'autonomie de leur profession, tandis que beaucoup se désintéressent du syndicat, dont la mission est de défendre les intérêts de ses adhérents, en améliorant les conditions d'exercice, en faisant évoluer formation initiale, nomenclature et tarifs, au prix d'une débauche d'énergie et d'un dévouement exemplaires, de sacrifices familiaux et professionnels. Et là tout le monde en profite, ... en voulant ignorer les négociations difficiles, longues, éprouvantes préalables. Les plaintes se multiplient: la montagne accouche d'une souris. Mais les résultats seraient nettement meilleurs si chacun adhérait et participait, parce que nos interlocuteurs seraient confrontés à la mobilisation d'une profession toute entière au lieu de dialoguer avec quelques MK déterminés, compétents et courageux au service de la masse inerte. Attention à ne pas être contraint, un jour prochain, d'éponger nos pleurs! Mouchoir ou serpillière, un choix pour notre nouveau métier? Merci à ceux qui s'efforcent de nous éviter l'usage de ces outils.
... technicien de surface.
Jean-Yves TRAMOY - Conseiller fédéral de Bretagne
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