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Vie conventionnelle : graves tensions
A la veille de l’examen du projet de loi portant réforme de l’hôpital et relatif aux patients, à la santé et aux territoires (HPST) au Sénat, qui portera vraisemblablement l’estocade à la vie conventionnelle, il était moins une que les masseurs-kinésithérapeutes ne soient humiliés par l’UNCAM.
Au lendemain d’une commission socio professionnelle nationale houleuse où le claquage de porte n’était pas loin, la FFMKR est montée violemment au créneau.
En effet au cours de cette réunion qui devait être celle de la synthèse définitive sur l’envoi des ordonnances, l’UNCAM voulait nous imposer par la force un projet de protocole sorti de derrière les fagots et soit disant pré-rédigé par la profession.
A un moment il faut arrêter de nous prendre pour des idiots. De quel droit l’UNCAM se permet-elle d’agir ainsi ? Ambiance tendue, 3 heures de débats pour un protocole non signé par l’ensemble des syndicats signataires de la convention, tous ralliés à la position fédérale.
La FFMKR se bat pour une reprise de la vie conventionnelle, mais une vie conventionnelle constructive, basée sur des échanges, des discussions… et pas des entourloupes de bas étages.
La FFMKR ne demande pourtant pas l’impossible, mais simplement l’application du texte conventionnel :
- Les chiffres le démontrent, les dépenses de soins d’auxiliaires médicaux évoluent modérément sur l’ensemble du premier trimestre 2009 : +3,1% dont +2,2% pour les soins de kinésithérapie et +3,5% pour les soins d’infirmiers. Il y a des marges de manœuvres pour des revalorisations nettes de nos tarifs.
- Dans les départements pilotes dans lesquels la Demande d’entente préalable (DEP) a été supprimée il n’y a eu aucune inflation du nombre d’actes. Et pourtant, pas de suppression totale de la DEP à l’horizon.
- Les CPAM appliquent une réglementation différente d’un département à l’autre. Et pourtant, l’UNCAM ne fait rien pour rectifier le tir et uniformiser l’envoi des ordonnances.
- Aujourd’hui, on veut nous imposer une répartition géographique… Que va-t-on nous donner en échange ? La profession sait qu’un jour ou l’autre, à l’image des infirmiers et des médecins, il faudra aborder le sujet de la liberté d’installation. Oui il faut une véritable politique incitative et coordonnée entre les différents acteurs et les différentes structures en matière de démographie professionnelle paramédicale. Mais pas n’importe comment…Les masseurs-kinésithérapeutes doivent être associés aux discussions.
Echanger, débattre, proposer, voilà les clés d’une relation conventionnelle saine. C’est si simple, mais encore trop compliqué pour l’UNCAM. Espérons que le futur calendrier des négociations sera étalé sur une période courte, symbole d’un signe fort des caisses de conclure rapidement. Sinon la colère qui se manifeste sur le terrain risque de s’amplifier et les syndicats risquent de radicaliser leurs attitudes devant une UNCAM qui, avec l’arrivée des Agences régionales de santé (ARS), a aussi besoin de prouver que le système conventionnel est source d’accords.
La mobilisation au cours de la journée du jeudi 28 mai est indispensable et doit être le reflet du mécontentement grandissant sur le terrain, mais aussi de la volonté de la profession de contractualiser avec l’UNCAM, et pas à n’importe quel prix (contactez votre président pour toutes les informations sur cette action).
OUI à un accord médicalisé tourné vers l’avenir mais NON à un projet d'accord comptable rétrograde
Alain BERGEAU, Président de la FFMKR
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