Lettre n° 7 - Novembre 2008
 
 
 
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Mardi 21 octobre 2008 - 17:53 

PLFSS 2009: la FFMKR lance une campagne "touche pas à mon kiné" 

PARIS, 21 octobre 2008 (APM) - La Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR) a annoncé mardi qu'elle lançait une campagne "touche pas à mon kiné" pour protester contre les mesures contenues dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2009.

Suite à ses assises qui se sont tenues samedi et dimanche à Caen, la FFMKR a organisé une conférence de presse pour présenter la synthèse des débats et pour dénoncer les réformes en cours.

La fédération a décidé lors du congrès de mener l'action "touche pas à mon kiné", destinée à alerter les parlementaires, les assurés et les professionnels sur les mesures du PLFSS pour 2009, en diffusant des affiches, des pétitions et des courriers aux députés à partir de mardi.

Le président de la FFMKR, Alain Bergeau, a notamment expliqué mardi qu'il s'inquiétait de l'article 34 du projet de loi qui met en place des référentiels validés par la Haute autorité de santé (HAS). Pour la fédération, ces référentiels "permettront à terme d'instaurer un véritable quota des actes de masso-kinésithérapie pour chaque pathologie" et "aboutiront à un effet 'butoir' se traduisant par la mise en place d'un forfait par pathologie".

"Nous ne sommes pas contre la mise en place de référentiels médicaux par la HAS, mais depuis 2008, ce sont des référentiels médico-économiques" a commenté Alain Bergeau, qui craint que ces référentiels deviennent uniquement "économiques", en limitant le nombre de séances.

Il faut que ces référentiels soient en outre "préparés en concertation avec les professionnels de santé concernés", estime la fédération, qui propose un amendement en ce sens.

La FFMKR s'inquiète aussi du retour de la demande d'entente préalable, qui avait été supprimée partiellement en mars dernier pour un nombre inférieur ou égal à 30 séances annuelles (cf dépêche APM VGLJ3002).

"Il existe déjà des outils de maîtrise médicalisée qui permettraient d'obtenir les mêmes résultats", a regretté Alain Bergeau, qui a notamment évoqué la fiche de bilan-diagnostic kinésithérapique (BDK).

KINE EN 2015?

Lors des assises, les masseurs-kinésithérapeutes ont débattu de l'avenir de la profession à l'horizon 2015. Ils se sont notamment interrogés sur les modes d'exercice, le financement et la formation.

Le président de la FFMKR a notamment souligné lors de la conférence de presse que les champs d'action du masseur-kinésithérapeute allaient s'élargir, notamment dans le domaine du préventif et du bien-être pour répondre à une "demande sociétale". "Dans le domaine curatif, il y a aussi un élargissement du champ avec une intervention de plus en plus importante dans le maintien à domicile et la prise en charge des pathologies chroniques", a-t-il expliqué.

Sur la formation, Alain Bergeau estime qu'il faudra "une véritable réforme de la formation initiale". "Nous avons une des formations initiales les plus faibles d'Europe", a-t-il expliqué. Il a plaidé pour la généralisation de l'admission à l'issue du premier cycle d'études médicales (PCEM 1).

Actuellement, sur les 34 instituts de formation en masso-kinésithérapie (IFMK), 22 sont agréés pour ce type de sélection, a-t-il indiqué. Ce fonctionnement dérogatoire avait été mis en place il y a 19 ans à titre expérimental, a déploré le président de la fédération, qui demande une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) pour évaluer le dispositif.

"Il faut le généraliser pour assurer une égalité des chances", a poursuivi Alain Bergeau, qui a précisé qu'une année en PCEM 1 coûtait 1.500 euros, contre 5.000 euros pour une année de préparation au concours d'entrée aux IFMK dans une école privée.

Il faut aussi une année d'étude supplémentaire dans la formation initiale pour former au mieux les masseurs-kinésithérapeutes, a-t-il estimé, précisant que la dernière année devrait permettre de faire des stages mixtes à la fois à l'hôpital et en ville, et notamment dans les zones déficitaires.

Les masseurs-kinésithérapeutes se sont aussi interrogés lors des assises sur l'exercice libéral. "Nous souhaitons qu'il demeure le plus important", a souligné Alain Bergeau, précisant que 80% des masseurs-kinésithérapeutes exerçaient en libéral. S'il y a des évolutions, il ne faut "pas qu'elles soient imposées", a-t-il indiqué.

Il a également évoqué le rôle de plus en plus important joué par les organismes complémentaires. Alain Bergeau a indiqué, à ce sujet, que la fédération allait signer avec une mutuelle une convention pour la prévention de la rachialgie notamment pour éviter les récidives. Dans cette convention, la mutuelle devrait proposer de rembourser un bilan et un parcours de prévention de trois séances, a-t-il précisé.

Un autre accord devrait être passé avec une mutuelle pour prendre en charge l'ostéopathie uniquement lorsqu'elle est pratiquée par des masseurs-kinésithérapeutes et des médecins, a-t-il indiqué.

 







 


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