Lettre n° 7 - Novembre 2008
 
 
 
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Billet d'humeur

Vous l'avez dit
Ours

 

 


A la terrasse d’un café du commerce bien de chez nous, par une belle journée d’été... 



Marc : "Salut Bernard quoi de neuf ?"

Bernard : "Tiens salut Marc, bah écoute pas grand chose de neuf, tu vois je viens de terminer mes domiciles ! Assieds-toi, je t’offre un pot ?"

M : "Avec plaisir, moi j’ai pris une journée de repos, ras-le-bol ! Tu pars un peu ?"

B : "Ouais, on part en montagne cette année, histoire de changer "

M : "Bah au moins, ça fait quelque chose qui change !"

B : " Pourquoi dis-tu ça ?"

M : "Je sais pas, comme ça…"

B : "Allez, raconte !"

M : " Ben en fait, j’en ai marre de bosser pour des honoraires aussi bas et pour si peu de considération."

B : " Tu parles de quelle considération, celle des patients ou celle des politiques ?"

M : " Celle des politiques qui se foutent de notre gueule ! Les patients, ça va encore, plutôt bien même …mais malgré tout je trouve que ça n’avance pas et qu’on bosse beaucoup pour des tarifs qui frisent le ridicule !"

B : " Tu n’as pas tort mais pourquoi se gêneraient-ils ? Tu sais, la seule force d’opposition qu’ils ont en face d’eux, ce sont les syndicats professionnels, or ceux-ci n’ont de poids que par le nombre de leurs adhérents ; entre parenthèses et comme chaque année, je n’ai pas reçu ton bulletin d’adhésion…

M : " Tu recommences avec ton syndicat, tu me gonfles avec ça monsieur le président !!!"

B : " Je disais donc que seul le nombre fait force de loi, eux sont plus forts que nous, ils ont plus de divisions, cela leur est facile d’imposer ce qu’ils veulent puisqu’en tout état de cause nous ne pesons pas grand chose sur l’échiquier professionnel, à peine 15% de syndiqués!
Il ne faut pas se plaindre, nous n’avons jamais que ce que nous méritons.
En revanche, ce que je déplore, c’est que ce sont souvent les non-syndiqués qui se plaignent  plus que ceux qui font l’effort d’adhérer, je ne dis pas de participer, mais simplement d’adhérer !!"

M : " Mais enfin, à quoi cela sert-il puisque jamais rien ne change et nous sommes toujours la dernière roue du carrosse et les vilains petits canards responsables de tous les malheurs de la sécu ! Le syndicat ne fait rien de plus"

B : " Ah tu trouves, dis-donc, le syndicat ne fait rien, mais il t’a tout de même permis de voir augmenter tes coefficients, il t’a tout de même permis de voir naître le droit de prescription, il t’a tout de même permis de voir augmenter la plupart de tes indemnités de déplacement, il t’a permis de facturer un bilan alors qu’avant il était pour ta pomme, et surtout, il se bat pour ne pas voir ta profession encore plus mal-traitée que tu ne le dis, et ce grâce à des gens qui sont comme toi, des pro qui bossent tous les jours et qui, le soir, sur leurs heures de temps libre et au détriment de leur famille, se battent pour faire évoluer la kinésithérapie, même si tu trouves qu’elle n’évolue pas assez vite et pas comme tu le souhaiterais, mais au moins, ces dirigeants là se battent et refusent de baisser les bras, malgré un effectif insuffisant qui rend le combat très pour ne pas dire trop inégal ! Alors tous ceux qui, comme toi, trouvent que rien ne va, que tout ça ne sert rien, et bien vous empochez quand même les avancées que  nous obtenons après des heures de travail, et ces heures là, elles nous coûtent cher, alors que toi tu roules gratis sur le dos de ceux qui se battent !

M : " Bah ouais, mais bon, moi je disais ça parce que c’est ce que je pense avec d’autres qui trouvent que les progrès sont très lents, notamment par rapport à certaines autres professions médicales pour qui il y a toujours de l’argent. 

B : " Le problème n’est pas là. Saches que l’union a toujours fait le force, alors pour une fois dans ta vie de professionnel, montre-toi solidaire de ceux qui oeuvrent pour toi, le montant de ta cotisation ne représente pas grand chose, et de plus, elle est déductible des tes revenus, en revanche, elle viendra conforter ceux qui donnent une partie de leur vie pour la Kinésithérapie, sans compter que plus nombreux nous serons, plus écoutés nous serons ! On peut toujours trouver une excuse pour ne rien faire, comme il est toujours plus facile de trouver que les autres ne font rien ; alors pour une fois, essaie de t’investir et de soutenir les actions qui vont te permettre de continuer à exister, adhère et là tu pourras t’exprimer, sans quoi, rien ne se fera avec toi, mais contre toi !"


Intéressant et à méditer non ?

Charles SCHPIRO - Conseiller Fédéral

 







 


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