Lettre n° 11 - Juillet 2009
 
 
 
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RUPTURE

Un mot qui ne diagnostique ou n'annonce que des souffrances. Souffrances morales, souffrances physiques. Le quotidien d'un masseur kinésithérapeute. Un pronostic vital ? Non, pas jusque là. Mais un pronostic de vie. Rupture sentimentale : ouille ça fait mal. Rupture tendineuse : ouille ça fait mal aussi. Pour combien de temps ? Chacune varie suivant la résistance de l'individu et l'intensité de la douleur. Mais toutes deux sont guérissables.
Tandis qu'une rupture des négociations conventionnelles fait beaucoup plus mal parce qu'elle touche une masse de professionnels concernés : tous ! Comment en arrive-t on là ? Comme dans les autres ruptures : par une incompréhension, un manque d'écoute, des tensions excessives. L'un qui veut trop tirer sur l'autre, qui lâche pied, qui s'use, qui rompt de fatigue, de lassitude, de désespoir, de torture, ... qui n'arrive pas à se faire comprendre, à jouir de la considération pour les services rendus à la société. Et cette société qui le lâche, qui le crucifie à coup de reproches insistants, de moqueries, d'incompréhension, de tortures morales, d'obligations administratives toujours plus nombreuses, futiles.
Le supplicié est culpabilisé de son inutilité, marqué de son incompétence, honteux de son profit sur le dos des patients, de son « salaire » garanti par Mère Sécu.
Mais a-t on pensé justement à cette Sécu si dirigiste, si aveugle de ses propres règlements, de ses contradictions.
Acculés au pied du mur de l'incompréhension de la part d'une tutelle désireuse de mettre à genoux (plus certainement à plat ventre) les masseurs kinésithérapeutes en lui imposant des modes d'exercice plus proches de ceux d'un technicien de surface que ceux d'un libéral formé aux techniques de soins toujours plus modernes. Ces techniques qui permettent à cette même Sécu de réaliser de  substantielles économies. Sous couvert de vouloir ou devoir faire des économies, la Sécu préfère jouer la carte de la rigueur aveugle, de la logique comptable déterminée, celle qui la conduit à sa ruine à force de vouloir presser le citron sans discernement.
Rupture ! Vaut-il mieux mourir en baissant la tête ou en découvrant le cou au fil de l'épée, ... une dernière fois ? Cette rupture provoquée et voulue par la volonté hégémoniaque de la CNAM d'ignorer totalement notre profession est aussi la faute des absents qui se terrent dans leur cabinet, trop heureux de sauver l'essentiel : leur bien-être actuel, ... mais momentané. Je n'ai pas de mal à vous prédire le pire dans un futur proche, ou dans un futur plus éloigné. Ce ne sera pas la faute d'avoir averti, d'avoir invité à rejoindre les syndicalistes pugnaces qui travaillent au sauvetage de la profession. Une devise : « Voir plus loin que le bout de son cabinet ». Alors il y aura de l'espoir, des solutions.

RUPTURE, ai-je dit ?
 

Jean-Yves TRAMOY - Conseiller fédéral Région Bretagne








 


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